Qu’est-ce que le béton cellulaire ?
Saviez-vous que le béton cellulaire est composé à 80 % de bulles d’air ? Il est pourtant très résistant, c’est un bon isolant, il ne moisit pas et ne brûle pas ! On peut même l’utiliser pour construire des murs porteurs. Vendu sous forme de blocs, de carreaux ou de panneaux blancs, il est souvent appelé « Siporex », qui est le nom de l’entreprise suédoise ayant popularisé son utilisation (comme Frigidaire et frigo). Il existe plusieurs marques et gammes, selon l’usage et le niveau de performance recherché.
– De quoi se compose le béton cellulaire ?
Il contient du sable, de la chaux, du gypse, de l’eau et de la poudre d’aluminium qui va le faire gonfler comme une levure… créant les millions de bulles d’air qu’il renferme ! C’est ce mélange obtenu par une cuisson basse température (autour de 180 °C) qui confère au béton cellulaire les propriétés d’une pierre, imputrescible et ininflammable. Il possède aussi les avantages d’un bon isolant grâce à l’air emprisonné dans les cellules.
– Et sa fabrication ?
C’est un ingénieur suédois qui a mis au point sa recette originale en 1923 (on vous en dit plus dans l’encadré en fin d’article). Ses matières premières sont cuites sous haute pression dans un autoclave, une sorte de grande cocotte-minute qui sert aussi à traiter les bois contre l’humidité. On dit que le béton cellulaire est une solution constructive monomur car il sert à la fois de porteur et d’isolant. En forte épaisseur, à partir de 16 cm, il est même utilisé en isolation par l’extérieur.
– Quels sont les avantages du béton cellulaire ?
Léger, facile à transporter, le béton cellulaire est performant sur le plan thermique et sur celui de l’étanchéité à l’air. Il possède une bonne inertie, qui en fait un atout été comme hiver. Durable, il nécessite un faible entretien et affiche une bonne longévité. Sa structure alvéolaire utilise aussi moins de matières premières, et les déchets de béton cellulaire peuvent être recyclés pour fabriquer du remblai. Ses propriétés répondent aux réglementations actuelles du bâtiment, notamment la RE2020 pour la construction de maisons individuelles. Le béton cellulaire s’utilise aussi pour la réalisation de garages, de petits immeubles et d’aménagements en intérieur et en extérieur… Vendu sous forme de blocs emboîtables, de parois ou de linteaux, il est posé à l’aide d’un mortier-colle spécial et avec des joints minces (2 mm environ).
Du béton cellulaire dans la construction, l’aménagement, la rénovation
– Cellulaire mais porteur !
Alors qu’il est souvent connu pour sa légèreté, on sait moins que le béton cellulaire est aussi très résistant à la compression et, surtout, qu’il est incombustible. Certains bétons cellulaires sont utilisés en coupe-feu dans des bureaux, et sinon plus généralement pour construire maisons, immeubles, bâtiments tertiaires (jusqu’à R+4). Son côté puzzle le rend accessible à l’autoconstruction, mais pour bâtir tout un ouvrage, mieux vaut suivre une formation sur les étapes de montage et la précision dans la mise en œuvre, ou faire appel à un professionnel.
– Les applications du béton cellulaire dans la construction et la rénovation
Le béton cellulaire est souvent présenté comme une solution « tout-terrain », accessible au professionnel comme à l’amateur de bricolage. Facile à transporter sur un chantier, c’est un matériau qui permet une grande liberté quand il s’agit de rénover ou d’agencer différemment une pièce. Cloison, demi-cloison, habillage de mur, il est aussi imputrescible et hydrofuge, et se prête donc bien à des travaux dans une cuisine ou une salle de bains… Les carreaux proposés par les fabricants sont vendus en différentes épaisseurs. Il existe également des carreaux courbes pour aménager des espaces. Le béton cellulaire peut aussi isoler un mur existant par une double cloison séparée d’un vide d’air.
– Les applications en aménagement, décoration et finition, dans la maison ou le jardin
Le béton cellulaire peut facilement se découper avec une scie et se travailler avec une râpe ou en le ponçant. Les possibilités d’agencement sont nombreuses, que l’on vive dans une maison ou un appartement ! Meuble vasque dans une salle de bains, plan de travail dans une cuisine, cheminée, jardinières sur une terrasse, cuisine d’été jouxtant le jardin, banc sous une pergola, etc. Comme il peut être carrelé, enduit ou peint, les rendus sont multiples, avec un aspect moins lisse que d’autres matériaux. Chaulé et légèrement bosselé dans son ponçage, il a même un charme plus artisanal. La seule contrainte est de bien vérifier le niveau car la pose à joints minces ne supporte pas les défauts d’équerrage.
– L’isolation thermique et acoustique avec le béton cellulaire
La composition alvéolaire du béton cellulaire en fait un matériau présentant une excellente inertie. Certains produits sont réputés pour leurs qualités d’inertie thermique et d’isolation, d’autres offrent une protection contre les nuisances sonores. Pour une isolation phonique comparable à la brique ou au parpaing, les blocs de béton cellulaire doivent être suffisamment épais (36,5 cm environ). En outre, la composition minérale du béton cellulaire en fait un isolant naturel, sans COV nuisibles à la santé.
Comparaisons entre le béton cellulaire et d’autres matériaux de construction
– Quelles sont les différences entre le béton cellulaire et le parpaing ?
Le parpaing traditionnel en béton reste l’un des matériaux les plus utilisés dans la construction. Moins coûteux que le béton cellulaire, il est composé de granulats, ciment et eau, et est donc naturel et recyclable. Il est également résistant, incombustible et facile à poser. En termes d’isolation thermique et acoustique, il nécessite cependant l’ajout d’un isolant, contrairement au bloc de béton cellulaire. Les parpaings sont aussi plus lourds que des blocs ou des carreaux de béton cellulaire, qui sont aussi plus légers que des carreaux de plâtre en intérieur par exemple.
– Le béton cellulaire présente-t-il des inconvénients ?
Tout en restant abordable, le prix au mètre carré des blocs de béton cellulaire peut être plus élevé que celui des parpaings traditionnels, en fonction de l’épaisseur choisie. Un prix à évaluer à l’aune du projet dans son ensemble, pouvant par exemple être compensé par l’inutilité d’ajouter un isolant pour les blocs très épais. Il faut aussi étudier les tarifs des professionnels pour la pose, ou ajouter l’achat de matériels et d’accessoires en magasin si on choisit l’autoconstruction.
Par ailleurs, on le redit : le béton cellulaire se pose par joints minces, donc il supporte difficilement les différences de niveaux, au contraire du parpaing classique monté avec du mortier qui est un peu plus simple dans la mise en œuvre (d’autant qu’il sera recouvert ensuite). Pour éviter le risque de fissure, sa pose nécessite dextérité et méthode, et il faut bien veiller à la qualité du sol d’assise. Autre inconvénient, même s’il est solide une fois agencé et collé, chaque « brique » de béton cellulaire reste friable, un peu comme une pierre tendre. Il faut donc prévoir des fixations adaptées au moment d’y installer des supports ou de sceller des objets.