Les architectes jouent de plus en plus avec les peaux de béton pour habiller les façades de leurs ouvrages.
Au-delà des simples effets de couleur ou de texture, de nouvelles techniques permettent aujourd’hui de reproduire sur le béton des images symboliques, historiques, poétiques… qui donnent au bâtiment une nouvelle dimension, en lien avec sa vocation ou son environnement.
Leur choix dépend de multiples critères : mode constructif, image et dimensions, distance entre l’observateur et la façade, effet attendu.

Béton matricé, un jeu de relief

Le béton matricé est un béton qui a pris la forme d’une matrice en élastomère (faisant office de négatif).
Préalablement moulée selon le motif souhaité, celle-ci est placée dans les banches, pour le béton coulé en place, ou en fond de moule, pour le béton préfabriqué. Après durcissement, le béton est simplement décoffré. La matrice peut reproduire une image ou une photo en relief : on parlera alors de béton photogravé.

Béton graphique, un jeu de contraste entre ciment et granulats

Le béton graphique est un béton dont la surface a été micro-désactivée par endroits, afin de laisser apparaître ses granulats, de jouer avec leurs différentes teintes et ainsi de créer une image. Concrètement, une membrane imprégnée de retardateur de prise, selon le motif souhaité, est déposée en fond de moule. Après démoulage, le béton est lavé, et la couche non séchée ici et là est éliminée.

Béton pictural, un jeu d’encres

Le béton pictural est un béton tatoué grâce à une imprimante numérique. Noir & blanc ou couleurs, les encres pénètrent dans la masse du matériau et sont capables de résister à des conditions rigoureuses :  pluie, froid, UV, pollution, chocs…
Ce procédé permet de reproduire très précisément des images, panneau après panneau, à l’échelle d’une façade.

 


Par Delphine Dervaux, le 06/12/2018.