Un bâtiment à géométrie complexe

Frédéric Neau : La forme du centre culturel L’Étoile est trapézoïdale. C’était celle du terrain sur lequel il est implanté. La place étant comptée, nous nous sommes mis aux limites de cette parcelle.
Cette géométrie est beaucoup plus dure à aménager qu’un rectangle ou un carré. Nous en avons tiré parti en nous inspirant notamment du travail de l’artiste peintre Sol LeWitt, qui développe un univers poétique autour de formes géométriques. Le trapèze est ainsi devenu le thème général de notre projet. On le retrouve dans l’ensemble du bâtiment : ouvertures, signalétique…

Face aux ondes acoustiques, le béton fait bloc

F. N. : En raison de son emplacement en centre-ville, les contraintes acoustiques de L’Étoile étaient importantes. Le béton s’est imposé car il évite que le bruit émis à l’intérieur, et qui peut être fort, ne se propage trop vers l’extérieur. C’est sa masse qui arrête les fréquences basses. Cette capacité d’absorption acoustique explique aussi que le toit terrasse de L’Étoile ait été fait en béton.

Au chaud l’hiver, au frais l’été

F. N. : Le béton est un matériau à forte inertie thermique. L’été, il emmagasine la chaleur et permet qu’il fasse frais à l’intérieur ; l’hiver, il empêche le froid de pénétrer. Comme pour l’acoustique, c’est une question de masse.
Cette régulation thermique est d’autant plus importante pour un lieu culturel comme L’Étoile, car les lumières et le public produisent énormément de chaleur. Elle permet de réduire les consommations de ventilation en été, et de chauffage en hiver.

Un béton qui se voit

F. N. : Le béton a été privilégié pour des questions d’acoustique et d’inertie thermique, mais aussi pour des raisons d’ordre esthétique.
Plutôt que de le cacher, nous avons préféré le montrer, aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur. Grâce à lui, L’Étoile se différencie de tous les bâtiments environnants, construits en briques. Il offre un repère différent, une texture intéressante.

Un lieu culturel ouvert à tous

F. N. : Avec L’Étoile, la métropole lilloise compte un nouvel équipement culturel de qualité, ouvert à tous. Le projet est divisé en deux parties : d’un côté, la salle de spectacle et les loges ; de l’autre, une salle polyvalente et des lieux de réception et d’ateliers, ouverts aux amateurs. Avec, au milieu, un lieu de circulation où se réunissent les deux mondes, le professionnel et l’amateur.

 


Par Sylvie Roman, le 21/03/2019.