Des équipements aux tracés complexes

L’Ile de loisirs de Vaires-Torcy (Seine-et-Marne) accueillera en 2024 quelques-unes des épreuves les plus spectaculaires des Jeux Olympiques : l’aviron, le canoë, le slalom en kayak et le kayak en ligne.
Pour ces compétitions, le pôle d’activités nautiques et sportives de la région bénéficie depuis 2016 de nombreux aménagements et constructions, sous la maîtrise d’ouvrage du Conseil régional d’Ile de France, et sous la houlette des architectes Auer Weber (Munich) et Octant Architecture (Rouen).
Outre la réalisation d’un bâtiment d’accueil et d’entraînement pour les athlètes, ainsi que de locaux techniques, il a fallu créer deux rivières artificielles, deux bassins de départ (sortes de grandes vasques rondes), ainsi que leurs équipements associés : des ouvrages hydrauliques de prise d’eau et de pompage, et même des tapis roulants à bateaux ! Des éléments complexes, qui répondent aux critères très pointilleux des épreuves olympiques.

Courbes et pentes spécifiques

Pour ce faire, « le béton a été utilisé à tous les stades du projet, souligne un ingénieur du bureau d’études Tractebel Engineering. En effet, ce matériau permet une grande précision de réalisation ainsi qu’une facilité d’entretien, et il offre un intérêt architectural par sa capacité d’intégration et de respect du site naturel ».
Première étape du chantier, après un terrassement général du site, les rivières artificielles ont été creusées sur plus de 4 mètres de profondeur et 7 à 10 mètres de largeur, suivant des plans très précis.
Ainsi l’une d’elles, créée pour les compétitions, développe des courbes et des pentes spécifiques, afin de donner une vitesse générale à l’eau, des remous, et de jouer sur la complexité des parcours pour le slalom en kayak. Seul le béton permet une telle liberté, minutie et rigueur dans les projets. L’autre rivière, rectiligne, servira aux divers entraînements des athlètes.

Solidité et résistance

Le fond de ces équipements est constitué d’un radier en béton armé de vingt-cinq centimètres d’épaisseur, reposant sur un “tapis” drainant qui évite le soulèvement hydraulique des ouvrages (selon une méthode très similaire à celle employée pour les piscines). Les parois, évasées, sont réalisées grâce à un système de prémurs (panneaux en béton creux) dans lesquels du béton a été coulé afin d’apporter toute la résistance nécessaire.
En outre, un système de rails très ingénieux a été ajouté dans le fond des rivières : il permettra de fixer des obstacles artificiels, déplacés rapidement en fonction des difficultés requises pour chaque type de compétition.
Courant 2019, les rivières artificielles seront testées par des kayakistes de haut niveau, puis le site entrera en service, notamment pour les entraînements du Pôle France et pour différentes compétitions nationales ou internationales, en attendant les Jeux. Le Stade nautique olympique accueillera également le Pôle Ile-de-France d’aviron et le comité régional de canoë-kayak.

 

 


Par Sylvie Roman, le 20/11/2018.