Quels étaient le contexte de cette réalisation et les attentes de la mairie d’Epinay-sur-Seine, maître d’ouvrage ?

Ce programme s’inscrit dans un projet plus global de Politique de la ville, mené en partenariat avec l’ANRU, pour la requalification du quartier d’Orgemont.
Dans ce cadre, la mairie souhaitait implanter un nouvel équipement sportif à l’échelle du quartier dans son fonctionnement, mais au rayonnement plus vaste architecturalement. Elle n’avait pas d’attentes particulières concernant les matériaux, mais souhaitait une architecture qualitative, avec des façades très soignées, y compris la toiture.
Il fallait aussi utiliser des matériaux particulièrement résistants et faciles d’entretien. L’autre enjeu provient de la localisation particulière du terrain, au cœur des grands ensembles et dans un environnement requalifié.

Quelle a été la ligne directrice de votre architecture ?

Notre architecture offre un équilibre entre le bâti, le minéral des façades en béton, et les espaces laissés libres, les jardins et le bois. L’enveloppe en béton est peu ouverte vers l’extérieur, notamment pour des raisons de sécurité, mais le bâtiment compact et comparable à un origami offre des espaces ouverts sur des jardins japonais. L’un d’eux, visible dès l’entrée, est un jardin sec accueillant les visiteurs, le second est un jardin de contemplation végétal, patio central qui sépare les deux salles de pratique d’arts martiaux.
En jouant sur les hauteurs de chacune des façades, de 3 à 5 mètres, avec notamment une entrée identifiée par une surélévation qui réinterprète le traditionnel temple japonais, nous marquons aussi l’espace, en notifiant qu’il s’agit d’un équipement particulier.

Pourquoi le béton, et quelles sont les techniques mises en œuvre ?

Les raisons principales du choix du béton sont sa durabilité, sa facilité d’entretien, sa mise en œuvre. Toutes les façades périphériques du bâtiment sont en prémurs, dans un béton blanc teinté dans la masse. Ces prémurs ont donc été réalisés en usine, puis acheminés sur le chantier, et montés sur place en un temps record : en quelques semaines seulement, toute l’enveloppe était terminée. Cela réduit considérablement les délais de la phase gros œuvre, donc les nuisances pour les riverains, avec peu de camions, moins de bruit et moins de poussière…
Par ailleurs, le béton étant teinté dans la masse et recouvert ici de deux couches de protection à base de résine acrylique, cela facilite son entretien. Et nos façades sont protégées contre la carbonatation, les intempéries, le développement des mousses ou les dégradations comme des tags ! Pour la collectivité, c’est l’assurance de la pérennité du bâtiment.

 


Par Sylvie Roman, le 09/05/2018.