Plus de quatre ans après le lancement du chantier, la tour Triangle s’impose dans le paysage du sud-ouest parisien. Le gros œuvre béton s’est achevé fin 2025 avec le dernier coulage au 40e étage. Les quatre derniers étages en structure métallique ont suivi. La finalisation des façades et les aménagements intérieurs sont désormais en cours, en vue d’une livraison prévue début 2027.
Des ombres portées limitées
Haute de 180 mètres, la tour développera près de 95 000 m² mêlant bureaux, hôtel, commerces, services et espaces ouverts au public. Conçue par Herzog & de Meuron comme un « morceau de ville vertical », elle se distingue par sa forme pyramidale, avec trois façades inclinées sur quatre. Une forme pensée pour limiter les ombres portées sur les bâtiments voisins tout en réduisant son emprise au sol. Ses vastes plateaux, dépourvus de murs porteurs intermédiaires, offriront une grande souplesse d’aménagement et permettront d’adapter facilement les espaces aux usages futurs. L’ouvrage vise par ailleurs plusieurs références environnementales parmi les plus exigeantes du secteur : la certification BREEAM Outstanding, qui récompense les bâtiments à très haute performance environnementale, la certification HQE Exceptionnel et le label Effinergie.
Une structure audacieuse optimisée au plus juste
Derrière cette silhouette épurée se cache une structure particulièrement complexe. La tour repose sur un noyau central en béton armé dont la géométrie évolue au fil des étages, associé à une ossature périphérique composée de poteaux inclinés. Cette structure permet de répartir efficacement les efforts dans l’ensemble du bâtiment tout en accompagnant les variations de forme de la tour sur sa hauteur.
Pour parvenir à cette solution, les ingénieurs ont multiplié les simulations numériques et comparé plusieurs scénarios. L’objectif était d’identifier l’équilibre le plus performant entre résistance, stabilité et consommation de matériaux. Ce travail d’optimisation a permis de dimensionner la structure au plus juste et de limiter les quantités de béton et d’acier nécessaires à sa réalisation.
Le béton, de la fondation au sommet
Le béton constitue l’épine dorsale du projet. Près de 70 000 m³ ont été mis en œuvre, associés à 11 0000 t d’armatures. Des fondations à la superstructure, il assure la stabilité de l’ensemble : murs de soutènement réalisés en profondeur, fondations renforcées, dalle de fondation, voiles, colonnes et noyau central.
Le chantier se distingue également par le recours massif au béton bas carbone. Les parois moulées1 et les barrettes de fondation2 ont été réalisées avec des bétons à base de ciment CEM III. Ce type de ciment incorpore une forte proportion de laitier de haut-fourneau en substitution du clinker, ce qui permet de réduire les émissions de CO₂ liées à sa fabrication. Cette solution a permis d’abaisser d’environ 30 % l’empreinte carbone par rapport à un béton conventionnel. La démarche a également été étendue au radier ainsi qu’à plusieurs éléments verticaux de la structure.
Au-delà de sa silhouette appelée à devenir l’un des nouveaux repères du paysage parisien, la tour Triangle illustre l’évolution de la construction de grande hauteur. Plus qu’une démonstration architecturale, elle témoigne de la capacité de l’ingénierie à conjuguer performance structurelle, sobriété des ressources et réduction de l’impact environnemental.
1. Grands murs en béton armé coulés dans le sol servant de soutènement ou de fondations.
2. Eléments verticaux profonds assurant l’ancrage de l’ouvrage.