Panorama urbain

Située dans le centre d’Épernon, contre l’ancienne fortification, l’école maternelle Louis-Drouet s’insère avec délicatesse dans le dénivelé du tissu urbain, en contrebas de l’école élémentaire existante. Les deux équipements sont reliés par une rampe qui longe un mur de pierre. Cette liaison, à la fois fonctionnelle, urbaine et paysagère, contribue à unifier et à dynamiser le centre-ville.
Poursuivant leur logique paysagère, les architectes ont l’idée d’intégrer une forme horizontale servant de terrasse d’observation aux enfants et de table d’orientation à la ville : l’école s’étend sur un niveau unique de 60 m de long suffisant à loger les 8 classes du programme. Le volume, simple, calme et sobre, est coiffé d’une longue toiture terrasse végétalisée et accessible, à terme, pour servir d’espace de jeux.

Continuité entre l’intérieur et l’extérieur

L’horizontalité recherchée pour le bâtiment est rendue possible grâce à une vaste dalle autoportante en béton. Réalisés avec du béton clair, les murs porteurs impactent a minima les salles de classe, favorisant la réversibilité des espaces. Outre des vertus structurelles, fonctionnelles et bioclimatiques, ce parti pris a le mérite de développer une continuité apaisante entre l’intérieur et l’extérieur (2,26 m en porte-à-faux).

Effets de matière

Dalle de toiture, acrotère et murs porteurs ont été réalisés en béton autoplaçant, un matériau particulièrement fluide qui adopte les formes du coffrage sans les vibrer. Ce type de béton autorise des coffrages de textures variées. Ici, des banches de bois ont été utilisées pour laisser apparaître les veines, tandis que des moules striés ont servi à réaliser l’acrotère afin d’accentuer l’horizontalité du bâtiment.

Régulation thermique

En façade, des poteaux métalliques fins ont été intégrés aux menuiseries où alternent le bois et le verre. La transparence est en effet un enjeu important, c’est pourquoi les façades sud et ouest sont largement vitrées, mais protégées des apports solaires par l’auvent de la couverture. L’auvent laisse cependant passer la chaleur hivernale lorsque le soleil est bas, pour une utilisation maximale de l’énergie gratuite qu’elle représente.
À lui-seul, le béton de la dalle terrasse contrôle 41 % des apports thermiques. Grâce à une importante isolation, la protection du bâtiment est radicale.

 


Par Delphine Desveaux, le 02/10/2018.