Sublimer la lumière

Situé à deux pas de l’hôtel de ville de Courbevoie, le lycée Lucie Aubrac occupe le site d’un ancien collège depuis la rentrée 2018.
Dans cet environnement dense et urbain, la situation était complexe en raison d’un parcellaire triangulaire et des vues croisées depuis les grands immeubles alentour.
« Nous avons adapté au mieux le projet aux contraintes du terrain, avec une exposition sud-est/nord-ouest afin de profiter de la lumière naturelle, et avec trois corps de bâtiments côte-à-côte, réunis par une large rue intérieure », souligne Jean-Michel Buron, architecte et fondateur de l’agence Epicuria.
L’ensemble architectural, très épuré, dialogue ainsi avec les hautes silhouettes des immeubles voisins.
« À chaque stade du projet, nous avons travaillé sur la lumière, sa réflexion, son amplification, explique l’architecte. Pour cela, nous avons imaginé différentes ouvertures, par exemple une grande verrière au-dessus la rue intérieure, nous avons démultiplié les formes… Mais nous avons aussi choisi un béton parfaitement poli, doté d’une grande puissance de réflexion. »

Un mariage entre marbre et béton

Les trois corps de bâtiment ont en effet été réalisés dans un béton blanc immaculé, dont la couleur repose sur la qualité des agrégats employés : du marbre de Grèce ! « Cette matière première assure un blanc très pur, qui, couplé avec un ciment très blanc, donne cette teinte absolue. »
Les façades extérieures ne sont pas toutes planes ; plusieurs dizaines ont une forme en casquette, pour plus de volume. Par ailleurs, précise Jean-Michel Buron : « les soubassements des bâtiments ont été réalisés en béton gris matricé, teinté dans la masse, afin d’apporter une touche de couleur plus sombre et de faire vivre les façades ».
La grande verrière centrale est recouverte de panneaux photovoltaïques translucides : travaillés en autant de pixels, ils viennent jouer avec la lumière naturelle et apportent des effets changeants au fil de la journée et des saisons.
Cet effet de prismes est amplifié par le traitement des façades intérieures, constituées de coursives en béton blanc, sans aucun rebord, comme un vaste écran de cinéma sur lequel se jouerait une pièce colorée.

 


Par Sylvie Roman, le 17/04/2019.