Une restructuration complète

Très exposée à la houle d’est, la digue du port de Bormes-les-Mimosas (83) est régulièrement soumise à des franchissements : ces dernières années, trois tempêtes majeures ont entraîné une évacuation des bateaux et d’importants travaux de consolidation.

Afin de sécuriser les biens et les personnes, la société du Yacht Club International (YCIBM) a lancé un vaste projet de réfection de cet ouvrage. Un chantier qui couvre une longueur de 600 mètres.

« Cette restructuration consiste à raidir la pente du talus pour poser des blocs de béton sur les enrochements existants, mais aussi à créer un bassin de déversement avec une casquette de renvoi de houle, pour limiter les franchissements, réduire les risques d’endommagement et sécuriser le port », explique Florent Couderc, conducteur de travaux Eiffage Travaux Maritimes et Fluviaux.

Une carapace faite de blocs de béton colorés

Lancé en juillet 2018, sous la maîtrise d’œuvre de Corinthe Ingénierie, le chantier doit se terminer fin 2019. La première étape a consisté à repositionner les 80 000 tonnes d’enrochements, destinés à recevoir d’énormes blocs de béton à six branches.

Ces derniers, fabriqués à proximité du chantier à raison de 14 unités par jour, sont de deux types et de trois teintes. Les blocs couleur béton sont immergés, tandis que les blocs émergés d’apparence rocheuse se fondent avec la côte, vus du large.

« L’imbrication de ces blocs forme une carapace de protection à la fois résistante aux assauts de la houle et suffisamment poreuse pour disperser son énergie », indique Florent Couderc.
Par sa résistance mécanique, sa durabilité dans le temps et sa modularité, le béton est aussi le matériau idéal pour ce type de digue.

Un écho à la nature environnante

Au total, près de 18 000 m3 de béton seront utilisés pour le chantier, dont 14 000 m3 pour les 2 600 blocs de la nouvelle digue. A juillet 2019, la moitié des blocs a déjà été posée.
« Ce projet est le premier en France avec des blocs moulés surfacés et texturés, brevetés par CLI, une filiale du groupe Artelia, souligne Florent Couderc. Un travail préalable de surfaçage des blocs et d’échantillonnage des teintes a été réalisé pour trouver une apparence proche de la nature environnante. »
L’intégration paysagère de la nouvelle digue, située dans une zone protégée, a d’ailleurs été prise en compte à plusieurs endroits. Un parement à l’aspect Pierre de Bormes est ainsi prévu pour le mur de garde intérieur, et son couronnement de tête est réalisé avec du béton coloré, matricé en forme de posidonies*. Le renforcement du mur de garde existant et la réalisation du bassin de déversement finiront de restructurer la digue.

* Plante aquatique endémique de la Méditerranée.

 


Par Éric Gautier, le 20/06/2019.