L’histoire de Terhills est d’abord celle du charbon. Sur les communes de Maasmechelen et Dilsen-Stokkem, le site d’Eisden était l’un des sept charbonnages du bassin minier de Campine. L’extraction y a débuté en 1923, pour cesser en 1987. Elle a profondément impacté le territoire : l’accumulation de résidus de roche stérile extraits en même temps que le minerai a formé quatre terrils, tandis que d’anciennes gravières combinées à des affaissements de terrain ont donné naissance à de vastes plans d’eau. Des traces qui constituent aujourd’hui l’identité même du lieu.
D’une exploitation charbonnière à un havre naturel
Après la fermeture de la mine, l’enjeu est devenu celui de la reconversion. La création de Terhills s’est appuyée sur cet héritage pour façonner un espace naturel, riche de biodiversité, mais aussi une destination touristique : randonnées, visite du patrimoine minier, activités nautiques, restauration, hébergement, centre de bien-être… Le domaine est aujourd’hui la principale porte d’accès au Parc national de la Haute Campine. Ses sommets offrent des vues uniques sur le parc et la vallée de la Meuse.
Ajoutée en 2024, une passerelle flottante en béton relie deux de ses terrils et constitue le chaînon manquant d’un réseau cyclable. C’est l’un des éléments les plus remarquables de cette reconversion. Sur près de 400 m de long, elle serpente de façon fluide et organique dans le site, à fleur d’eau.
L’ingénierie béton au service du paysage
Conçu par Buro Landschap, l’ouvrage est composé de 28 modules préfabriqués en béton, chacun mesurant 13,5 m de long pour 3,3 de large et pesant 40 tonnes. Ces éléments posés sur l’eau sont reliés entre eux à l’aide de charnières métalliques. Leur géométrie courbe permet de tracer un S. Hauts de 2 m, ils émergent de 50 cm grâce au principe d’Archimède. Des blocs de polystyrène expansé ont été utilisés comme coffrage perdu pour assurer une flottabilité supplémentaire.
Ancrée par 15 pieux en acier enfoncés jusqu’à 25 m dans le fond du lac, la structure s’adapte aux contraintes naturelles : elle peut absorber des variations du niveau d’eau allant jusqu’à 2,5 m et résister à des vagues de 75 cm.
Cette prouesse technique et son intégration paysagère ont été récompensées par les FEBE Elements Awards en 2024.