Une crue centennale de la Seine – la dernière remonte à 1910 – inonderait la région parisienne et immobiliserait des millions de personnes. C’est pour éviter ce scénario catastrophe qu’un nouvel aménagement sur le bassin amont de la Seine a été réalisé en lisière de l’Yonne et de la Seine-et-Marne, dans la vallée de la Bassée. Le principe est simple : lorsque les débits de l’Yonne, de la Seine ou du Loing engendrent un risque de crue majeure pour la région parisienne, l’eau est pompée et retenue dans un espace délimité par des digues, aussi appelé « casier hydraulique ».
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Un territoire d’eau
Le projet global de la Bassée comprend neuf ouvrages, dont un premier aujourd’hui réalisé. Ce premier espace endigué, dénommé « site pilote », a été réalisé entre 2022 et 2024 pour être mis en service en 2025. Complétant quatre autres grands lacs réservoirs mis en place au cours du XXe siècle en Champagne et dans le Morvan, ce dispositif anti-crue permettra à lui seul d’abaisser le niveau de la Seine d’environ 10 à 15 cm selon les crues.
Ces cinq ouvrages régulateurs, tous gérés par l’établissement public territorial de bassin Seine Grands Lacs, ont pour objectif d’écrêter les crues exceptionnelles en réduisant de 70 cm à 1 m de hauteur la présence de l’eau dans Paris et de prévenir d’autant les dommages et impacts économiques.
Une usine hydraulique
Pour assurer le fonctionnement de l’aménagement, l’installation compte plusieurs ouvrages en béton :
- une station de pompage pour relever l’eau de la Seine et remplir le casier pilote ;
- des ouvrages hydrauliques (stations de relevage) annulant les impacts piézométriques extérieurs lors du fonctionnement de l’ouvrage, assurant également la continuité du réseau hydrographique secondaire intercepté par les digues ;
- un système de gestion centralisée.
La station de pompage (agences d’architecture LWA Luc Weizmann Architectes, puis Ateliers 2/3/4/ Éric Puzenat) est un objet circulaire de 52 m de diamètre « posé » sur l’eau dans un chenal rejoignant la Seine. À la manière d’une rotule, la forme circulaire de la station répond à la volonté architecturale d’inscrire le bâtiment de 635 m2 dans le prolongement des digues.
Deux ans de travaux et 4 000 m3 de béton
Construit sur pilotis, l’équipement compte trois niveaux : à hauteur d’eau s’étend le soubassement en béton matricé où se déroule le process hydraulique – pompes, bâches de dissipation en sortie des pompes… Au niveau supérieur s’organisent les espaces de travail – salle de commande, base vie et de repos, salle de réunion accessible au public, locaux électriques et d’entretien – ; accessible aux visiteurs et conçu comme un jardin suspendu regroupant les variétés endémiques, le toit-terrasse offre un point de vue à 360 degrés sur le territoire.
Testée en janvier 2025, la station de pompage de la Bassée permettra d’atténuer les inondations de la Seine dont les fortes crues, bien qu’exceptionnelles, sont redoutées. A fortiori dans le contexte actuel de changement climatique et de gestion de ses aléas. Un deuxième test de l’ouvrage est prévu avant une livraison définitive à la fin de l’année 2026, début 2027.