Résistant et isolant

Utilisée pour l’énergie, la biomasse est en passe de se développer dans la construction, avec le béton bio-sourcé, dans lequel les granulats et le sable sont remplacés en tout ou partie par de la matière végétale. Si le chanvre sert déjà de matériau de remplissage et d’isolation, la nouvelle génération de béton bio-sourcé permet de fabriquer des blocs porteurs. Une innovation majeure dans le secteur ! « Le bloc-béton que nous avons mis au point, en incorporant des copeaux de bois à la place des agrégats, dispose d’une résistance caractéristique de 3 MPa, requise pour des bâtiments R+2 », explique Éric Stievenard, directeur marketing d’Alkern.

À cette résistance mécanique viennent s’ajouter une résistance thermique de R=1 (1), qui lui confère une bonne capacité isolante, et un confort hygrothermique. Le béton bio-sourcé a de bons atouts pour faire une belle carrière. Et ce ne sont pas les seuls !

Solution écologique

L’utilisation de la biomasse dans la construction contribue à diminuer l’empreinte environnementale de cette activité. La combinaison de matière végétale renouvelable et de ciment démultiplie en effet le potentiel écologique du béton bio-sourcé. Un plus dans le cadre de l’affichage multicritères “Performance Environnementale des Bâtiments Neufs” (2), qui intégrera l’indicateur de réchauffement climatique. « La mise en place de cet indicateur, qui figurera dans la future Réglementation Thermique et Environnementale, favorise pleinement l’emploi de matériaux bio-sourcés », mentionne Éric Stievenard.

Les copeaux de bois utilisés pour la fabrication du béton bio-sourcé proviennent par ailleurs de produits en fin de vie ou de résidus de l’exploitation forestière. Une démarche qui favorise l’économie circulaire et l’activité au plan local.

Développement de l’activité locale

Car le développement local et la valorisation des territoires sont les autres impacts positifs du béton bio-sourcé, comme du béton de façon générale. Selon les régions, différentes ressources végétales peuvent en effet y être incorporées : fibres de chanvre ou de lin, bagasse de canne à sucre, pulpe de betterave à sucre, bambou, sorgho ou miscanthus. « Exploitée sur les rives de la Seine et de la Marne, cette plante, originaire d’Asie, permet de végétaliser des espaces impropres à l’agriculture, tout en développant des circuits locaux de valorisation », indique Éric Stievenard.

En cours de validation technique, le béton bio-sourcé pourrait se développer rapidement. « Nous travaillons, en partenariat avec des centres de recherche, des écoles et des universités, à l’optimisation de ses performances afin d’en faire un matériau alternatif compétitif pour la construction durable de demain », conclut Éric Stievenard.

 

(1) La résistance thermique d’une paroi, désignée par le cœfficient R et exprimée en m². K/W, traduit sa capacité à résister à la transmission de chaleur. Plus le cœfficient R est élevé, plus la paroi est isolante.

(2) Mis en place par la Direction de l’habitat, de l’urbanisme et des paysages (DHUP).

 


Par Éric Gautier, le 19/05/2016.