béton ciré

Exemple de béton ciré © Thinkstock

 

La première caractéristique qui nous vient à l’esprit quand on pense au béton ciré, c’est qu’il s’agit d’un revêtement sur mesure. Comment voyez-vous les choses ?

C’est un produit novateur mais surtout très créatif et unique car créé et réalisé par des maîtres artisans qui ont chacun un « coup de patte ». Chaque chantier est spécifique et donne lieu à des adaptations. Il y a malgré tout deux grands cas de figure. Dans les rénovations de lieux où domine la pierre, le choix s’orientera plutôt vers du béton monolithique, pour accompagner sans être trop présent. Dans le neuf, souvent dominé par la couleur blanche, le béton ciré sera plus texturé.

 

Quelles différences entre un lieu privé et un lieu public est-il nécessaire d’anticiper quand on réalise un béton ciré ?

Un lieu public sera soumis à plus de sollicitations. Nous recommandons donc des produits qui sont classés U3P3, plus résistants au passage, au poinçonnement et aux sollicitations chimiques provoquées par divers produits (chewing-gum, boissons gazeuses, café ou vin). Pour des lieux d’habitation, des produits classés U2P2 suffisent, même dans des lieux très utilisés comme la cuisine. Nous recommandons cependant d’utiliser un vernis du même type dans les deux cas pour améliorer la résistance aux produits chimiques. Mais le respect des normes ne suffit pas. Lorsqu’un problème se pose, il provient dans 90 % des cas du mode d’application. Il faut donc mieux former les entreprises.

 

Quelles sont les innovations les plus marquantes dans le domaine du béton ciré ?

Il est désormais possible de mélanger du ciment et du gypse, des éléments qui sont normalement incompatibles. Cette formulation réussit à allier la dureté avec la souplesse, ce qui permet de réaliser d’un seul tenant des surfaces pouvant atteindre 100m2. En 2014, elle a été classée au niveau A+, parmi les produits dont les émissions de polluants en air intérieur sont les plus faibles.

 

 

Le CSTB a par ailleurs émis une appréciation technique expérimentale (ATEx) favorable, en 2014 également. L’analyse d’une vingtaine de réalisations publiques et privées, réalisées avec cette innovation, est en cours. Je suis confiant dans l’issue du processus, qui devrait s’achever en juillet et aboutir à l’émission d’un avis technique. Cela va permettre au béton ciré d’être plus présent sur les marchés publics, et de rassurer les clients mais aussi les assureurs (ce qui fera baisser le montant des primes d’assurance).

 

Vous avez travaillé sur de nombreux chantiers aux quatre coins du monde… Quels ont été vos plus grands paris, au regard des exigences des architectes et des maîtres d’ouvrage ?

Au Maroc, en 2015, nous avons réalisé des boutiques Christofle très complexes, car notre coulis devait être appliqué au sol mais aussi à des marches, des contre-marches et des meubles verticaux en béton. Personne ne pensait que c’était possible. Nous y sommes arrivés en travaillant à l’horizontale toutes les surfaces, qui ont été préfabriquées avant d’être assemblées.

 


Par Gilmar S. Martins, le 11/05/2016.