Attention, pollution !

Vous sentez-vous à l’abri de la pollution une fois chez vous ? C’est peut-être une illusion. Une enquête de l’Observatoire de la qualité de l’air intérieur (OQAI) portant sur près de 600 résidences principales a démontré le contraire. À l’intérieur des logements, on est particulièrement exposé aux composés organiques volatiles (COV) et aux moisissures. En Europe du Nord, ces organismes microscopiques, de la famille des champignons, sont présents dans 20 % à 40 % des constructions.

Une situation qui a parfois des retentissements sur la santé : outre les effets des COV(1), un habitat peuplé de champignons augmente les risques de réactions allergiques.

 

Le béton, un matériau sain…

Pour clarifier les interactions possibles entre le béton et la qualité de l’air intérieur, le Centre d’Études et de Recherches de l’Industrie du Béton (CERIB) a mené une étude. Les résultats publiés fin 2015 sont doublement positifs, explique François Jacquemot, responsable du pôle matériaux du CERIB : « Les tests ont prouvé que le béton est très faiblement émissif de COV – ce qui le classe au niveau A+(2)-, et qu’il a un très bon comportement vis-à-vis des moisissures. »

 

…qui bloque le développement des moisissures

Pour se développer, les champignons ont en effet besoin d’une température moyenne de 22°C à 25°C et d’une humidité relative de 70 %. D’où leur prédilection pour les espaces qui combinent ces deux éléments… (Au Japon, une étude a répertorié 34 genres fongiques différents dans les salles de bains.) Ils peuvent se fixer sur le béton, mais sa nature minérale inhibe leur croissance : « Le béton a un comportement fongistatique, c’est-à-dire qu’il a la capacité d’empêcher le développement de ces organismes », précise François Jacquemot. Vos poumons vous remercieront d’avoir choisi un habitat qui privilégie ce matériau solide, durable… et sain !

 

(1) Plusieurs COV, dont le formaldéhyde et le benzène, sont classés « cancérogènes certains » par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC).

(2) Selon le décret n° 2011-321 du 23 mars 2011. Le niveau d’émission du produit est indiqué par une classe de performance allant de A+ (très faibles émissions) à C (fortes émissions).


Par Gilmar S. Martins, le 23/03/2016.