Un pari gagné

On peut l’affirmer sans conteste : la caverne du Pont d’Arc, réplique de la grotte Chauvet, avec près de 600 000 visiteurs en un an, au lieu des 300 000 attendus, remplit ses missions pédagogique et touristique. Ouverte en avril 2015, elle reproduit des figures animales vieilles de 36 000 ans, mais aussi les stalactites, stalagmites et autres concrétions du site original, à quelques kilomètres de là. Trente mois de travaux ont permis ce résultat, au cours desquels le béton a joué un rôle important.

Une cavité de béton et mortier

Après avoir établi un modèle numérique 3D de la réplique, à partir de 3 000 relevés et de près de 6 000 photos, l’équipe projet a mis au point une structure métallique restituant les reliefs de la grotte (sol, parois, voûte). Suspendue au plafond du bâtiment, cette ossature a reçu une couche de béton projeté, pour la rigidifier, suivie d’une couche de mortier paysager, qui a été sculptée pour imiter la roche calcaire et les sols en argile.

Se référant au carnet de faciès géologiques, les sculpteurs ont reproduit fissures, bosses et anfractuosités au millimètre près, à raison de 3 à 5 mètres carrés par jour. Le mortier a aussi été travaillé avec une grande minutie, afin de retranscrire l’immense panel de couleurs et de textures de la cavité originale, de l’ivoire à l’ocre, du lisse au granuleux.

Parallèlement, en atelier, d’autres spécialistes réalisaient en résine les panneaux pariétaux, les spéléothèmes et les ossements, avant leur installation sur le site.

Une façade triangulée pour préparer les sens

A l’extérieur, c’est aussi du béton projeté qui a permis de construire la façade. Il a ensuite été lissé puis soufflé pour obtenir un aspect rugueux.
Résultat : le visiteur a l’impression d’être au pied d’une falaise vertigineuse, de 14 m de haut et 100 m de long ! Comme l’expliquent les architectes de l’agence Fabre/Speller, l’enjeu était de « traduire de façon abstraite la triangulation du relevé 3D des parois. Seule l’utilisation de ce matériau apportait la masse et la résonance d’une véritable grotte. »
De plus, les jeux d’ombre et de lumière autorisés par le béton triangulé sollicitent l’attention des visiteurs lorsqu’ils sont dans la file d’attente, et les préparent ainsi à l’ambiance de la grotte.

 


Par Caroline Guédon, le 15/06/2016.