De plus en plus de maîtres d’ouvrage se tournent vers les fondations thermoactives. De quoi s’agit-il au juste ?

Le principe des fondations thermoactives ou géothermiques est d’utiliser les structures d’un bâtiment pour capter l’énergie du sol afin de le chauffer en hiver, ou pour réinjecter des calories dans le sol afin de le refroidir en été. L’adjonction de tubes de captage en circuit fermé se fait au cœur de la cage d’armature en acier des fondations. La circulation d’un liquide caloporteur dans ces tubes en PEHD* permet, grâce à une pompe à chaleur et à un échangeur, de diffuser des calories ou des frigories dans le bâtiment, suivant la saison.

 

Quels sont les avantages de cette solution pour les maîtres d’ouvrage ?

La géothermie permet de réduire de façon importante la consommation d’un bâtiment en hiver, grâce à l’effet multiplicateur de son rendement énergétique, et de faire du géocooling en été. En réduisant les émissions de CO2 d’un bâtiment, les fondations thermoactives contribuent à l’obtention de labels énergétiques ou d’aides régionales pour le montage de certaines opérations immobilières. Dans les écoquartiers, où les taux d’énergies renouvelables sont les plus exigeants, elles sont un levier pour les atteindre.

L’intérêt de ce système, inventé par une société autrichienne il y a 35 ans, est de capitaliser sur les structures d’un bâtiment sans avoir à investir dans des forages supplémentaires. D’une durée de vie comparable à celle de l’ouvrage, les fondations thermoactives sont exemptes de toute législation contraignante et de maintenance pour les tubes de captage.

Pourquoi le béton est-il propice à ce type de solutions et quelles sont les contraintes de mise en œuvre ?

Le béton est le meilleur allié des installations de géothermie car il conduit facilement l’énergie. Dans le cas des fondations géothermiques, il permet à la fois de recevoir les tubes de captage, d’optimiser la surface d’échange avec la terre environnante et d’améliorer l’échange thermique.

Pour les maîtres d’œuvre, il n’y a aucune contrainte particulière de planning. S’ils choisissent des pieux, c’est-à-dire le type de fondation le plus présent en France, les cages d’armatures sont pré-équipées avec les tubes de captage et insérées dans les forages avant coulage du béton, selon les méthodes usuelles.

 

*PEHD : polyéthylène haute densité

 


Par Éric Gautier, le 05/01/2017.