La recherche du raffinement avec le béton pictural

Petits objets de décoration, tableaux, mobilier, sculptures murales… Toutes les créations de Fabrice Davenne, designer implanté à Villers-devant-le-Thour, dans les Ardennes, ont un point commun : le béton ! Un matériau qu’il a adopté il y a une demi-douzaine d’années, alors qu’il débutait dans le design après une carrière dans l’immobilier. « J’ai choisi le béton car il offrait un grand choix de diversification, raconte-t-il. Je me suis formé à toutes les façons de le travailler, et j’ai très vite cherché à le raffiner en faisant des moulages très délicats, de feuillages, par exemple. »

Tatouer le béton

Fabrice Davenne investit alors dans une entreprise qui possède une imprimante numérique industrielle. De la taille d’une voiture – elle fait près de trois mètres sur deux –, cette machine passe des pièces allant jusqu’à 30 cm d’épaisseur. Après plusieurs tentatives, il parvient à imprimer sur du béton. Le béton pictural, personnalisable à l’infini, est né ! « J’utilise des encres particulières, qui me permettent de tatouer le béton, poursuit le designer. Elles sont transparentes et particulièrement résistantes, que ce soit à la pluie, au froid, à la chaleur, aux U.V. ou encore à la pollution ; je peux ainsi faire de la décoration extérieure. »

Un béton particulier

Mais pour tatouer le béton en très haute définition, avec toutes les couleurs souhaitées, encore faut-il un matériau particulier. Fabrice Davenne l’a trouvé dans un mortier autoplaçant intégrant des fibres de verre alcali-résistantes. « C’est un vrai photocopieur. Si vous le moulez sur du jean, il aura l’aspect du jean ; si vous le moulez sur une feuille, il aura l’aspect d’une feuille ; si vous le moulez sur du verre, il aura l’aspect brillant du verre. En outre, il est fiable et facile à maîtriser. » Après avoir sculpté la forme de ses objets dans un silicone spécial, Fabrice Davenne y coule le béton puis l’imprime à l’aide de sa machine et de quelques recettes gardées secrètes.

Artisanat d’art

Aujourd’hui, le designer qualifie sont travail d’artisanat d’art. « Bien qu’il repose sur une machine industrielle, il comprend une partie très manuelle et réclame beaucoup de créativité. » S’il lui arrive de faire de la décoration intérieure, c’est plutôt en extérieur que se concentre l’essentiel de son activité. Ses clients ? Aussi bien des particuliers que des professionnels, comme des restaurateurs ou des hôteliers. Son dernier défi en date : une façade d’immeuble de 600 m², représentant un panorama de la mer, à Château d’Olonne, en Vendée. « Une première mondiale », précise-t-il.


Par Charles Legueltel, le 13/12/2016.