Mission impossible ou opportunité ?

Le défi CityLights avait de quoi rebuter les meilleures volontés. À Boulogne-Billancourt, les trois tours du Pont de Sèvres, construites dans les années 70, étaient repliées sur elles-mêmes autour d’une dalle peu accueillante et ne répondaient plus du tout aux exigences du marché de la location de bureaux.

 

Nouveau propriétaire du site, BNP Paribas Real Estate y a pourtant vu une opportunité, explique Caroline Sainderichin-Krief, sa directrice de programmes : « Ces tours sont aux portes de la capitale, dans une ville dynamique et à la croisée de tous les axes de transports actuels mais aussi futurs du Grand Paris. C’était un beau challenge de les projeter dans l’avenir. »

 

Tours et structure béton conservées, socle transformé

De cet ensemble, outre les façades, c’est le socle sur lequel reposaient les tours qui a subi la transformation la plus radicale. L’architecte Dominique Perrault a fait de ce simple lieu de passage un espace de vie sur trois niveaux, qui accueille notamment tous les services (conciergerie, espace de fitness, pôle de conférences, crèche, espaces de restauration diversifiés). « Les utilisateurs vivent maintenant dans un véritable campus d’entreprises, riches de services de très haute qualité », précise Denis Rodesch, directeur central à la Direction technique Promotion Immobilier d’Entreprise de BNP Paribas Real Estate.

Les trois tours, avec des surfaces variant de 16 000 à 32 000 m², ont vu leurs structures béton conservées. « Leurs noyaux en béton étaient bien conçus et leurs formes hexagonales offraient des plateaux libres de dimensions humaines et sans poteaux », explique Caroline Sainderichin-Krief.

 

Changement et modernisation de la façade et des réseaux techniques

Les façades et les volumes intérieurs ont cependant été largement remodelés. Avec un quadruple objectif : aboutir à une nouvelle signature visuelle, apporter plus de lumière naturelle, être très vertueux au niveau environnemental et moderniser les réseaux techniques.

Les façades ont été réhabilitées avec des surfaces vitrées plus importantes et un habillage constitué de faces “plates” et “pliées”. Le poids supplémentaire généré par ces façades de dernière génération a nécessité des ouvrages de renfort à chaque niveau.

De son côté, la révision des réseaux techniques – indispensable pour faire de CityLights un immeuble du 21e siècle – a nécessité de nombreuses réflexions structurelles, notamment autour des percements. Grâce aux caractéristiques du béton, les très nombreuses modifications structurelles n’ont pas fragilisé l’ouvrage, indique Denis Rodesch : « Le béton offre la possibilité de renforts répétitifs, type moisage*, permettant de modifier significativement les propriétés mécaniques des ouvrages tout en respectant les enjeux calendaires et financiers. Avec une structure métallique, dont chaque élément a des caractéristiques propres, trouver une solution aurait été bien plus complexe. »

 

Plus de lumière, moins de consommations

Livré fin 2015, cet ensemble est certifié HQE “Passeport Exceptionnel”, BREEAM “Excellent”, et labellisé BBC. Très lumineux pour ses utilisateurs, il permet une gestion bien plus économe en énergie. Un succès qui doit beaucoup à un acteur essentiel et pourtant quasiment invisible, rappelle Caroline Sainderichin-Krief : « Le béton était clairement un atout dans cette reconfiguration et il le sera encore lors de la prochaine, dans trente ou quarante ans. »

 


Par Gilmar S. Martins, le 10/11/2016.