Investir un ancien bâtiment

Le nouveau bâtiment des Archives de Bordeaux Métropole a été installé dans une ancienne halle aux farines du XIXe siècle, située dans le quartier de la Bastide-Niel. À cette construction a été ajoutée une aile qui accueille une salle de lecture, une salle d’exposition, deux ateliers, ainsi que les bureaux administratifs et les ateliers de restauration.

L’agence d’architecture Robbrecht en Daem a choisi de conserver les murs en pierre extérieurs de l’ancien bâtiment. Il a donc fallu les préserver de tout poids complémentaire, explique Didier Hourquebie, chef de service travaux de GTM Bâtiment Aquitaine : « Nous avons créé à l’intérieur une structure secondaire fondée sur pieux, séparée de l’existant par des joints de dilatation. »

Des magasins sur quatre niveaux

Cette structure s’empile sur cinq niveaux. Indépendamment du rez-de-chaussée, chacun se trouve en porte-à-faux par rapport au précédent, sur quatre niveaux – une configuration qui évoque la sédimentation typique des archives.

Chaque étage est fractionné en quatre magasins de stockage. Afin d’augmenter la protection au feu, les Archives de France ont en effet limité leur surface maximale à 200 m². Ces magasins de stockage se superposent, formant ainsi quatre empilements de “boîtes” qui se succèdent le long des 75 mètres de la halle.

 

Le béton précontraint, pour une charge de 1 300 kg/m²

Pour supporter une charge utile de 1 300 kg/m², soit 500 kg de plus que la moyenne (800 kg/m²), les concepteurs ont eu recours à des éléments en béton précontraint. Ce matériau a été utilisé pour les planchers et les poutres, tandis que les pré-murs sont en béton armé, explique Anas El Gnaoui, chargé d’affaires de KP1 : « L’usage du béton précontraint a permis de réduire le nombre de poutres par travée. Il n’y en a que 5, alors qu’il aurait dû en y avoir 6 si elles avaient été en béton armé classique. »

Ce système de poutres en béton précontraint, de 13 m de portée sur la charpente, repose sur les voiles qui deviennent des éléments porteurs. Ils reprennent ainsi la charge de la structure en porte-à-faux, notamment la partie en encorbellement au-dessus de la salle de lecture. Les armatures travaillent en traction dans le voile.

 

L’étaiement évité

L’usage de prédalles a permis, de son côté, d’éviter un étaiement, poursuit Anas El Gnaoui : « Après avoir posé les prédalles de 7cm, il suffisait de couler la dalle de compression, elle aussi d’une épaisseur de 7 cm. » Un dispositif qui évite d’avoir à poser puis à retirer l’étaiement. « Cela permet d’aller jusqu’à trois fois plus vite », précise Anas El Gnaoui. Au total, 850 m de poutres, 1 800 m² de prédalles et 1 520 m² de dalles alvéolées ont été utilisées.

 


Par Gilmar S. Martins, le 25/07/2016.