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Vingt ans d’attente…

Il a fallu attendre vingt ans, en France, pour que soit construit un nouveau vélodrome avec une piste en béton, et non en bois ou en bitume. Pourtant, les atouts de ce matériau sont au rendez-vous, parmi lesquels une excellente planimétrie et une importante longévité – surtout si la piste est à l’extérieur. Sollicitées par les représentants des pratiquants de la “petite reine”, la Communauté d’agglomération Limoges Métropole et la Fédération Française de Cyclisme ont décidé de franchir le pas.
Mais où implanter ce vélodrome et comment le baptiser ? Les édiles ont choisi Bonnac-la-Côte. Cette petite bourgade avait deux avantages : disposer de l’espace nécessaire, soit 9 000 m², et se trouver à proximité du dernier lieu de villégiature de Raymond Poulidor, l’éternel second du Tour de France. Hissée ainsi au rang de figure tutélaire, cette légende du cyclisme donne son nom au nouveau vélodrome.

Homologué “classe 4”

Lancée en septembre 2014, la construction s’est achevée en janvier 2017, précédant de peu l’inauguration. En forme de creuset elliptique, l’ouvrage accueille deux pistes : l’une de 250 m, inclinée, et l’autre, de 125 m, installée au centre, à plat, dédiée à l’entraînement des plus jeunes. Grâce à son homologation officielle en classe 4 par les instances cyclistes, ce vélodrome peut accueillir des compétitions nationales et internationales.
Un si beau projet exigeait un béton particulier, capable de concilier de nombreuses contraintes. Il fallait qu’il soit posé et travaillé sur une pente inclinée à 38° puis, une fois les travaux achevés, capable de résister aux intempéries, en particulier aux phases de gel/dégel, tout en conservant sur le long terme les propriétés qu’attendent les cyclistes… Le projet initial, en effet, prévoyait une piste à ciel ouvert.

La solution : le gneiss !

« La solution réside dans le choix des granulats, explique Wilfried Decombredet, directeur commercial de Garandeau Bétons, la société qui a mis au point et fourni le béton. Nous avons choisi d’utiliser du gneiss issu de la carrière d’Ambazac propriété du Groupe Garandeau. C’est une roche métamorphique (1), de forme cubique et presque aussi dure que le granit. Elle rend le béton à la fois ferme et résistant. »
Cette formulation, obtenue au terme de 50 essais, a permis d’élaborer un béton relevant tous les défis de ce chantier hors norme. Il a ainsi été possible de le verser sur une pente à 38° sans qu’il coule et même d’éviter le recours à des dispositifs vibrants ou de compactage. « C’est un matériau qui s’auto-compacte naturellement », précise Wilfried Decombredet. À raison de 2 à 3 toupies par jour, ce sont au total 2 000 m³ de ce béton spécial qui ont été coulés afin de constituer une couche de 20 cm.

Taloché à la main

L’ensemble du matériau a dû être taloché à la main, faute de machine capable de s’adapter à ces conditions particulières. Pour réaliser un travail aussi méticuleux, des ouvriers spécialisés ont été mobilisés. Un échafaudage spécifique a été conçu et posé au-dessus de la piste. Les ouvriers chargés de talocher le béton y étaient installés en position allongée, la seule permettant d’accéder facilement à toute la surface de la piste. Cette couche de béton a ensuite été recouverte d’un coulis de finition selon la technique du “frais sur frais” (2).
Depuis l’achèvement des travaux, les amateurs de cyclisme découvrent les sensations uniques qu’offre ce vélodrome avec sa piste en béton. Gageons qu’en pleine période du Tour de France, leur passion sera renforcée.

 

(1) Roches qui se sont recristallisées sous l’effet des changements de pression et de température dus aux mouvements de la terre.
(2) Cette technique consiste à appliquer un enduit ou une couche spécifique sur la précédente avant le début du processus de séchage.
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Pour tous renseignements complémentaires, joindre l’animatrice du vélodrome au 06.58.83.88.19 (Photo V.Monteil/Limoges Métropole)
 


Par Gilmar S. Martins, le 04/07/2017.